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Mais il en est que vous ne verrez pas.
Une soixantaine de «lanternes rouges » se sont perdus autour de la France. On ne sait ce que ces hommes sont devenus. Ils cassaient leur roue et de préférence la nuit. Pour demander du secours, ils n’avaient que les étoiles, quand encore elles étaient là ! Ils sont partis, ils n’arriveront pas. Où sont-ils ?
D’autres ont quitté, épuisés, tel cet Archelais. Pendant six étapes, il marche, obstiné. Il regrettait visiblement que les as n’eussent pas de jaquette pour s’accrocher aux pans. Puis, un jour qu’il voulait encore continuer –dans les Pyrénées, je crois-, Archelais n’a pas pu. Il tomba, il remonta sur sa machine. Ce fut en vain. Il n’y avait plus d’huile dans la lampe. Alors, plein de fureur, il saisit sa bicyclette et la jeta contre un talus.
Quelques-uns finissaient bien les étapes, mais le contrôle était fermé quand ils arrivaient. Ils étaient hors de course. Ainsi, à Perpignan, vers une heure dix du matin :
- C’est-i le contrôle ? demande un routier tombant de sa bicyclette.
- Oui, mais il est fermé.
Alors le gars pleura tout haut.
- Faut pas pleurer, mon petit, dit un buveur de bière installé au café ; t’es aussi brave que les autres, t’as fait ce que t’as pu.
Les forçats de la route (1924), Albert Londres (Editions Arléa)
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