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Vers l’Amou-Daria, Ella Maillart |
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Écrit par Ella Maillart
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Dimanche, 21 Février 2010 21:44 |
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- Où est l’autobus de 6 h 30 ? dis-je à l’employé de la station terminus. - Sais pas, le deuxième chauffeur n’est pas encore venu. - Et le premier ? - Il est parti de nuit sans passager. Le train, à Kagan, ne m’attendra sûrement pas : quel ennui ! Malgré l’accélérateur poussé à bloc, le temps perdu ne se rattrape pas.
Ce n’est plus un nuage de poussière que les camions soulèvent dés que la route n’est pas pavée, mais une mer de brouillard ; parfois il en émerge une file de chameaux effrayés qui avancent en marchant de guingois et s’écartent comme la vague devant l’étrave. Ils ont des muselières en serpillière où brille leur haleine qui se givre ; sur le nez se dresse un plumet de laine : auraient-ils besoin d’un point de mire pour marcher droit ?
Les deux sacs rebondis de leur charge, réunis au sommet du dos, s’écartent pour pendre jusqu’à terre, énormes accents circonflexes gris qui progressent à intervalles égaux, d’un rythme égal.
Les feuilles des cotonniers sont rabougries, brunies par le gel. Le paysage est jaune et bleu : des arbres à l’horizon sous le ciel tendre.
En bordure de la route, les tas de pavés ronds sont couverts de poudre comme les joues d’une actrice entrant en scène. |
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Mise à jour le Jeudi, 25 Février 2010 20:09 |