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Réserve indienne, Bill Bryson |
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Écrit par Bill Bryson
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Samedi, 14 Janvier 2012 02:41 |
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La route qui va de Bryson City à Cherokee et qui longe le parc n’est qu’une succession de motels, de garages miteux, de parcs pour caravanes, de baraques à barbecue, alignés au-dessus du cours scintillant d’une rivière enserrée dans les montagnes. Autrefois le paysage devait être magnifique avec ces sombres sommets écrasant la vallée, mais maintenant c’est tout simplement sordide. Et Cherokee est encore pire. C’est la plus grande réserve indienne de l’Est des Etats-Unis et elle est remplie d’un bout à l’autre de ces magasins de souvenirs qui vous proposent des bibelots tocards annoncés à grand renfort de panneaux sur les toits : MOCASSINS ! BIJOUX INDIENS ! TOMAHAWKS ! PIERRES SEMI-PRÉCIEUSES TAILLÉES! CAMELOTE EN TOUT GENRE! Devant certains magasins, il y avait un ours brun en cage, la mascotte de Cherokee, comme je le compris, et autour de chaque cage une bande de gamins s’amusaient à exciter l’ours, encouragés par leurs pères qui restaient prudemment à l’écart. Ailleurs on vous proposait de vous photographier avec une authentique Indienne, bedonnante, la poitrine flasque, en costume de guerre, pour 5 dollars. Mais ça n’avait pas beaucoup de succès et les figurants indiens s’affaissaient sur leurs sièges, l’air aussi apathiques que les ours. Je pense n’avoir jamais vu un endroit aussi laid. Et c’était bourré de touristes presque tous aussi laids, d’ailleurs des gens gras en tenues criardes, l’appareil photo leur battant le ventre. Pourquoi, me demandai-je en engageant prudemment ma voiture dans la cohue, les touristes sont-ils toujours gras et habillés comme des ploucs ?
Motel blues, Bill Bryson (PBP nº 260)
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