|
Le vent de feu, Emmanuel Roblès |
|
|
|
|
Écrit par Emmanuel Roblès
|
|
Dimanche, 22 Janvier 2012 22:23 |
|
Au moment où nous passions près du cénotaphe dressé tout au milieu de l’espace créé par l’explosion, un homme se recueillait, immobile sous la pluie battante, la tête inclinée, et cette vision de solitude et de piété nous émut bien davantage que les lugubres quartiers encore inhabités gagnés sur les anciens champs de ruines. Cette émotion me tint éveillé dans ma chambre du New Hiroshima Hotel, au point qu’à trois heures du matin j’allais sur mon balcon. Je contemplais la nuit de septembre enfin dégagée. Sur la mer phosphorescente, le typhon s’éloignait en tordant sa queue de dragon, et sous le ciel tout frissonnant d’étoiles, la ville entière dormait…
In Les rives du fleuve bleu, Textes Emmanuel Roblès, Le Seuil 1990
|